Appel à la constitution d’un pôle Lutte de classes

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Déclaration conjointe de La Commune et du Groupe Socialiste Internationaliste

Au printemps dernier, un large front du refus s’est levé contre la loi El Khomri, avec le soutien de la population.

Le fait est : après cinq mois de bras de fer, la loi El Khomri a été adoptée. Au regard du rapport des forces réel, ce « résultat » est un véritable paradoxe.

En effet, l’adoption de cette loi est le fait d’un gouvernement isolé et détesté de tous, sans majorité parlementaire. Un gouvernement sans force.

Dans ces conditions, un premier constat s’impose :

Martinez-Mailly, l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, UNEF, ont refusé d’appeler à la grève générale. La grève générale public-privé, jeunes-salariés était pourtant à l’ordre du jour, au lendemain des puissantes manifestations du 31 mars 2016. Elle était d’autant plus à l’ordre du jour le 12 mai 2016, lorsque Hollande-Valls ont « dégainé » une première fois le 49-3.

En juin, Martinez-Mailly et l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, FIDL) ont renoncé à exiger le retrait de cette loi, ni amendable, ni négociable. Tel était pourtant le but clairement affirmé des manifestations monstres du 14 juin 2016.

Martinez-Mailly et l’intersyndicale ont alors supplié le gouvernement de négocier des aménagements de cette loi. Cette ligne de moindre résistance a alors conforté Hollande-Valls dans leur volonté d’aller « jusqu’au bout ».

Tout l’indique :

On ne peut aller de l’avant si l’on craint de rompre avec le gouvernement et ses « réformes ».

On ne peut aller de l’avant si l’on craint de s’engager dans la voie de la lutte des classes pour imposer la volonté des salariés et des jeunes, de la majorité sociale de ce pays.

On ne peut aller de l’avant si l’on craint de rompre avec l’Union européenne, ce club des capitalistes et des banquiers. La loi dont El Khomri a été le prête-nom, a pour véritables auteurs les commissaires de Bruxelles.

Or, Martinez-Mailly et l’intersyndicale, entendent relancer un nouveau cycle de journées « saute-mouton » à partir du 15 septembre.

Tout le monde le sait : Cette « stratégie » de « temps forts » ne permettra pas d’imposer l’abrogation immédiate de la loi El Khomri qui détruit le droit du travail et ordonne la « réécriture du Code du travail ».

La loi El Khomri peut et doit être abrogée, les revendications vitales des jeunes et des salariés peuvent et doivent être satisfaites. Dans cette voie, il est nécessaire d’organiser la force pour l’unité, le « tous ensemble » et la rupture complète avec le gouvernement et l’Union européenne.

Cette rupture complète des syndicats avec le gouvernement et ses « réformes », avec l’Union européenne (qui a demandé aux gouvernements de faire des lois El Khomri dans tous les pays) est vitale pour le mouvement ouvrier et pour les salariés. Elle est vitale face au gouvernement, au MEDEF et face à la direction CFDT, véritable branche « salariés » du MEDEF, ennemie du syndicalisme.

Toute la situation met à l’ordre au jour :

– L’unité pour l’abrogation de la loi El Khomri, ni amendable, ni négociable.

– L’unité pour porter un coup d’arrêt à tous les licenciements et pour leur interdiction : pas un seul licenciement, pas une seule suppression de poste, unité pour porter un coup d’arrêt à la « baisse des coûts du travail ».

La réalisation de l’unité sur ces objectifs passe nécessairement par le regroupement dans tout le pays de tous les syndicalistes, les militants ouvriers conscients que seule la lutte de classes peut payer et porter un coup d’arrêt aux agressions du gouvernement et du MEDEF contre les conditions de vie et de travail des salariés, des chômeurs, des retraités, des jeunes et de leurs familles.

Oui, le regroupement, partout, dans les entreprises, les services, les chantiers, les cités, les syndicats pour l’abrogation de la loi El Khomri.

EMPLOIS, SALAIRES, LITS D’HÔPITAUX, CODE DU TRAVAIL, PAS TOUCHE !

Oui, le regroupement le plus large pour la rupture avec le gouvernement de la loi El Khomri, avec la République du 49-3 et avec l’Union européenne des capitalistes et des banquiers.

Quelques-uns, quelque part, doivent prendre sans attendre l’initiative d’aller vers la constitution d’un tel Pôle Lutte de classes dans ce pays. C’est le sens de ce premier appel que nous vous invitons à signer et faire signer en masse, pour l’unité et la rupture, pour vaincre et vivre.

01-09-2016

Pour signer cet appel : poleluttedeclasses@orange.fr

Premiers signataires :

Wladimir Susanj, responsable syndical, fonction publique, (75), Rémy Frey, responsable syndical commerce, (75), Olivier Lebovitch, syndicaliste AP-HP, (75), Grégory Marchand, syndicaliste formation continue, (92), Rémi Duteil, syndicaliste inspecteur risques professionnels, (49), Garlone Lajonie, syndicaliste éducation nationale, (24), Julie Charmoillaux, syndicaliste archéologue, (63), Christopheur Halleur, syndicaliste, (77), Francis Charpentier, syndicaliste travailleur social, (64), Gérard Guzman, syndicaliste retraité taxi, (75), Daniel Petri, syndicaliste retraité cheminot (94), Marinette Moine, syndicaliste retraitée caisse de retraite (94) …