Unité pour défendre notre protection sociale !

La porte ouverte par le parti socialiste et son gouvernement avec la loi El Khomri et plus largement toutes les attaques contre nos acquis sociaux, est un boulevard pour aller encore plus loin dans leur démantèlement. Et plus que jamais c’est notre régime de protection sociale qui est dans le collimateur !

En refusant d’appeler à la grève générale jusqu’au retrait de cette loi, les directions des confédérations syndicales ont, quant à elles, laissé le champ libre à ce gouvernement. Mais en dépit de tout, les travailleurs résistent et continuent à se mobiliser.

Ils prétendent tous sauver la sécurité sociale !

À quelques mois des élections présidentielles, chacun prétend vouloir « sauver la sécurité sociale ». Fillon, après avoir carrément envisagé de limiter les remboursements de la sécurité sociale aux « gros risques » pour satisfaire les compagnies d’assurances et les mutuelles et faire payer les travailleurs, « rétropédale » pour mieux nous enfumer. Macron veut supprimer les cotisations chômage et maladie à la charge des salariés et les remplacer par une hausse de 1,5 % de la CSG et fiscaliser ainsi notre régime de santé. La note sera pour les travailleurs et les retraités.

Valls s’offusque des propos de Fillon et ose s’ériger en défenseur de la sécurité sociale alors que son gouvernement prétendument de « gauche », archidiscrédité, a largement débroussaillé le terrain depuis cinq ans.

Quant à la ministre de la Santé, elle déclare, lors de la présentation de son projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 approuvé en lecture définitive à l’Assemblée nationale le 5 décembre : « L’histoire de ce quinquennat, c’est la fin des déficits sociaux, grâce à des réformes de structure pour mieux répondre aux besoins des Français, et ce sont des droits sociaux nouveaux. La droite avait multiplié les franchises et creusé le déficit. Nous aurons sauvé la Sécu. »

À quel prix ?

Au prix des budgets d’austérité qui se poursuivent pour compenser entre autres les 41 milliards d’euros de baisse de cotisations sociales et d’allégements fiscaux offerts aux patrons grâce au pacte de responsabilité et au CICE.

Au prix d’une recette purement financière qui l’emporte sur tout et qui se traduit non seulement avec toujours moins de droits et de remboursements pour les assurés sociaux mais aussi par de nouvelles restructurations de postes, de fermetures de lieux d’accueil du public et de nouvelles dégradations des conditions de travail pour les personnels des hôpitaux, de la sécurité sociale, des CAF (Caisses d’allocations familiales). À tel point que cinq infirmiers se sont suicidés cet été.

Et comme le souligne dans un tract la CGT (Santé et action sociale et Organismes sociaux) : « faire croire à l’équilibre des comptes de la sécu alors que le déficit est tout simplement reporté sur les établissements hospitaliers et les personnels relève du mensonge éhonté » !

C’est la suite logique du plan triennal ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) annoncé en février 2015 par la ministre, dont l’objectif était de restructurer le système de santé sur trois ans de 2015 à 2017, avec 10 milliards d’économies à réaliser dont 3,4 milliards en 2016.

C’est la suite logique de la loi « santé » adoptée le 26 janvier 2016, qui met en demeure les hôpitaux de fonctionner avec des regroupements forcés d’établissements au travers des groupements hospitaliers de territoires (GHT). Avec des budgets drastiques qui vont imposer des restructurations entraînant 22 000 suppressions de postes, 16 000 suppressions de lits, sans compter les remises en cause de RTT, l’augmentation des emplois précaires (20 % de contractuels, voire 50 % dans certaines petites structures), la stagnation des salaires.

La ministre a eu beau s’offusquer des propositions de Fillon sur la sécurité sociale en l’accusant de vouloir « privatiser le système de santé », son gouvernement depuis le début de son mandat n’a eu de cesse « d’équilibrer » les comptes de la sécurité sociale sur le dos des assurés, des patients et des personnels de la sécurité sociale et des hôpitaux.

Une politique qui aboutit au démantèlement de notre protection sociale en ouvrant la voie à sa privatisation, en conformité avec les exigences de l’Union européenne et ses gouvernements.

Le « ras-le-bol » des hospitaliers

Subissant cette situation de plein fouet, les hospitaliers expriment depuis des mois leur « ras-le-bol » dans les hôpitaux où les grèves se multiplient.

De nouvelles attaques contre la sécurité sociale pourraient bien voir déferler un mouvement plus profond pour la défendre.

Mais une fois encore la réponse des directions syndicales n’est pas à la hauteur de ces attaques. C’est une réponse au coup par coup, secteur par secteur. Une réponse qui laisse le champ libre à ce gouvernement. Et comme indiqué dans notre appel commun avec la Commune pour un Pôle Lutte des classes, « on ne peut aller de l’avant si l’on craint de rompre avec le gouvernement et ses “réformes”. »

La question de l’unité, du tous ensemble au même moment et jusqu’au bout contre cette politique réactionnaire est toujours posée !