Journées d’action ou grève générale ?

Par Marinette

Dans sa frénésie à servir les capitalistes et l’Union Européenne, en détricotant les unes après les autres les conquêtes sociales, le gouvernement mal élu de Macron, fait l’unanimité contre lui :

Chez les cheminots en lutte depuis le 3 avril contre la casse de leur statut et la privatisation de la SNCF et qui font toujours preuve de combativité à leur 8e jour de grève perlée, tandis que ceux des gares du Nord, St-Lazare et Austerlitz ont voté la grève reconductible par tranche de 24 heures.

Le cortège de l'UD CGT de Seine Saint Denis lors de la manifestation de la Fonction publique du 22 mars 2018. Sur la banderole : TOUS ENSEMBLE !

Le cortège de l’UD CGT de Seine – Saint Denis lors de la manifestation de la Fonction publique du 22 mars 2018.

Dans des assemblées générales communes et unitaires avec d’autres catégories de salariés et en particulier les étudiants en lutte contre la casse de l’université.

A Marseille où les dockers, réunis en assemblée générale le 12 avril, ont voté à l’unanimité une motion de soutien « En cas d’intervention des forces de l’ordre, nous nous mettrons en grève et viendrons aux côtés des étudiants »

Sans parler des retraités, éboueurs, personnels de santé, salariés de carrefour, Air France, électriciens, gaziers, etc.

Mais peu importe, Macron imperturbable, réaffirme face à Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin dimanche 15 avril, qu’il ira jusqu’au bout de ses contre-réformes et en particulier celle de la SNCF.

Fallait-il s’attendre à autre chose, certes non, vu que sa ministre répète depuis le début aux syndicats de la SNCF, qu’elle ne reviendra ni sur l’ouverture à la concurrence, ni sur le transfert du personnel, ni sur le changement de statut de l’entreprise, position confortée par l’assemblée nationale qui vient d’approuver en première lecture cette contre-réforme.

Après cette interview, on aurait pu s’attendre à ce qu’enfin la direction de la fédération CGT des cheminots, syndicat majoritaire à la SNCF, arrête d’implorer le gouvernement pour qu’il négocie. C’est peine perdue, car dans un communiqué (du 16 avril) qui titre « un président qui veut la peau des cheminots », elle appelle à la grève les 18 et 19 avril « pour exiger l’arrêt du processus parlementaire sur une loi technocratique et de véritables négociations pour répondre aux revendications des cheminots ».

Cortège réunissant les cheminots de Paris Nord, de St-Lazare, d'Austerlitz et de Chatillon lors de la manifestation du 19 avril, à Paris.

Cortège réunissant les cheminots de Paris Nord, de St-Lazare, d’Austerlitz et de Chatillon (le 19 avril, à Paris)

On n’aurait pu s’attendre à ce qu’elle se désolidarise des syndicats réformistes UNSA et CFDT qui refusent toute idée de grève reconductible, pendant que des militants SUD rail la défendent dans des assemblées générales de cheminots. C’est peine perdue, puisque dans un appel unitaire du 20 avril les fédérations CGT, UNSA et CFDT, proposent de renforcer la grève perlée et décident en dépit de tout, « d’interpeller le premier ministre pour exiger qu’il organise des négociations tri-partîtes (syndicats, gouvernement, patronat) » !

En refusant de poser comme ultimatum le retrait du pacte ferroviaire, que comptent elles négocier…la régression sociale ?

Et alors que pour faire plier le gouvernement, la grève générale apparaît comme une évidence, comme la seule réponse à la hauteur de la gravité des attaques, la direction de la CGT (et les autres) qui revendique la convergence des luttes et le tous ensemble, apporte pour seule réponse, les sempiternelles journées d’action ou grèves perlées, qui mènent droit dans le mur et qui n’ont jamais démontré leur efficacité, même si les travailleurs y participent faute de mieux.

« La grève générale ne se décrète pas », nous dit-on, soit, mais ce qui est certain, c’est qu’elle se prépare, patiemment en œuvrant pour la jonction, l’unité de tous ces mouvements en un seul et unique, un mouvement dirigé tout entier contre ce gouvernement et ces contre-réformes et où les travailleurs décident la grève en assemblée générale tout en constituant leurs comités de grève élus… avec des caisses de grève. Et il est bon de rappeler qu’en ce 50e anniversaire de mai 68, la grève générale a déferlé et submergé les appareils syndicaux et politiques pour leur imposer l’unité. Elle est apparue comme la seule arme pour faire échec au gouvernement De Gaulle, qui avait dressé contre lui 10 millions de grévistes.

Les hospitaliers de Maison Blanche lors de la manifestation de la Fonction publique du 22 mars 2018.

Les hospitaliers de Maison Blanche lors de la manifestation de la Fonction publique du 22 mars 2018.

Quoiqu’en disent la propagande et les médias bourgeois, les travailleurs sont près à y aller et tandis que de nombreux militants se posent des questions sur la politique menée par les directions syndicales, plus que jamais la nécessité de la construction de tendances luttes de classes est posée pour imposer la mobilisation a la négociation « stérile ».

Pour un syndicalisme luttes de classes, qui n’apporte aucune caution à des négociations bidons, qui refuse d’accepter au nom du fatalisme la régression sociale de ce gouvernement et pour qui la convergence des luttes ne doit pas être une succession de journées d’action, les unes après les autres et sans lendemain !

Grève Générale pour le retrait de toutes les contre-réformes Macron !