Résistances enseignantes et étudiantes au cœur des impérialismes

Par Greg

Au Royaume-Uni, la grande majorité des universités sont en grève depuis la fin février. Les enseignants et les chercheurs, peu habitués aux luttes sociales, refusent la remise en cause de leur régime de retraite, imposé au nom… d’un déficit.

Après la crise débutée en 2008, on a entendu le même refrain dans tous les pays : les travailleurs et les enfants vivent au-dessus de leurs moyens, il faut leur faire payer les milliards perdus par les banquiers. Au prétexte de la crise, les budgets publics ont subi de drastiques réductions, celui de l’éducation en particulier.

Dix ans plus tard, alors que les économistes pro-capitalistes les plus optimistes parlent de relance et de croissance, les dynamiques d’austérité lancée contre l’éducation s’approfondissent. La crise avait bon dos : le but des capitalistes a toujours été de privatiser les secteurs publics les plus rentables, afin de s’en offrir une belle plus-value et de promouvoir l’asphyxie des secteurs les moins rentables, pour ne plus devoir aucune charge au service de la collectivité.

Teachers from across Kentucky gather outside the state Capitol to rally for increased funding and to protest changes to their state funded pension system, Monday, April 2, 2018, in Frankfort, Ky. (AP Photo/Timothy D. Easley)

Des enseignants de tout le Kentucky se rassemblent devant le Capitole de l’État pour se mobiliser pour un financement accru et pour protester contre les changements apportés à leur système de retraite financé par l’État, lundi 2 avril 2018, à Frankfort, Ky. (AP Photo/Timothy D. Easley)

Dès lors, rien d’étonnant à ce que des résistances s’organisent pour combattre cette politique. Ainsi, l’actuel mouvement dans les universités françaises, dont les AG réunissent étudiants et personnel, combattent une énième tentative d’instaurer un système sélectif à l’entrée de l’Université publique dont l’objectif est d’en fermer les portes au plus grand nombre.

Aux États-Unis, le lundi 2 avril, des milliers d’enseignants ont manifesté dans le Kentucky et l’Oklahoma, pour revendiquer des hausses de salaire et le financement des écoles publiques. Ces manifestations font suite à la grève victorieuse des enseignants de Virginie occidentale, qui ont obtenu une augmentation de leur salaire après 9 jours de grève. La lutte, unis et déterminée, peut donc vaincre et essaimer, donner l’exemple.

Ces grèves enseignantes sont symptomatiques d’un malaise particulier au cœur de l’impérialisme américain, dont la jeunesse a décidé de se soulever face au puissant lobby des armes, pour protester contre les tueries régulières perpétrées au sein d’établissement scolaire. Ce réveil de conscience de la jeunesse américaine, coup de fouet contre les politiques conservatrices de la bourgeoisie américaine, pourrait-il être un prélude à un sursaut de la jeunesse au niveau mondial ?