Élections européennes du 26 mai : Boycott de cette mascarade ! Mobilisons-nous pour une Europe des travailleurs !

C’est en conscience et en toute responsabilité, que nous, militants de la Ligue socialiste internationaliste (LSI), refusons de voter pour le parlement européen ce dimanche et que nous appelons à l’abstention.

Quel que soit le vainqueur de ces élections, qu’il soit d’extrême droite ou de droite extrême, la politique de destruction des conquêtes sociales et ouvrières dictée par les traités européens restera la même.

Pour stopper cette politique, les travailleurs, en France et Europe, ne peuvent compter que sur leur propre mobilisation, mobilisation seule qui pourra œuvrer à la construction d’une autre Europe au service des travailleurs.

Une UE capitaliste, anti-ouvrière

L’Union européenne a toujours été un cadre d’accords entre gouvernements impérialistes européens pour mettre en place des contre-réformes :

– dérégulation du « marché du travail » pour faire baisser les salaires et détruire les conquêtes ouvrières ;

– privatisation des services publics au profit des multinationales ;

– l’austérité et la misère pour les travailleurs, le sauvetage des banques à coup de milliards ;

– casse de tous les droits collectifs obtenus de haute lutte par les travailleurs et criminalisation de l’action syndicale et politique.

Les promesses de paix au sortir de la seconde guerre mondiale ont fait long feu. Le conflit permanent en Irlande, dont le Nord est occupé par le Royaume-Uni, les luttes indépendantistes au Pays basque et aujourd’hui en Catalogne, ou encore les interventions impérialistes en Yougoslavie il y a trente ans, ou en Ukraine aujourd’hui, tout ça ne nous parait pas comme d’édifiantes réussites de paix.

Quant à la libre circulation tant vantée, elle est certes sans frontière pour les capitaux (délocalisations et paradis fiscaux), mais pour les travailleurs, c’est soit la « mobilité » imposée par le patronat, soit l’immigration empêchée par les gardes frontières.

Les parlementaires européens travaillent dans le cadre de ces traités iniques. Aucune règle anti-sociale ne peut sérieusement être remise en question. Le parlement ne peut même pas s’ériger en une éventuelle tribune ouvrière : qui s’intéresse sérieusement à ses débats ?

Comme des millions de travailleurs Européens, nous refusons de cautionner cette mascarade pseudo-démocratique au service des capitalistes.

Une abstention politique consciente et légitime

D’ailleurs, c’est maintenant un fait largement avéré dans tous les médias : l’abstention va dominer ces élections, 2/3 des travailleurs et des jeunes s’apprêtent à condamner la politique de l’UE.

Alors que les traités ont clairement été rédigés contre les droits sociaux du prolétariat d’Europe, la gauche institutionnelle (PS, PCF, FI, Verts… et leurs cousins européens) a trahi son électorat ouvrier en revendiquant depuis plus de 30 ans une Union européenne « sociale ».

L’Europe « sociale » est une utopie criminelle : l’UE n’est pas réformable. Aucune politique sociale au service des travailleurs, aucune politique anticapitaliste, n’est possible sans une rupture avec le capitalisme lui-même et donc sans une rupture avec l’UE et ses traités.

À travers leur abstention, la majorité des travailleurs prouvent qu’ils prennent conscience de cette impasse politique.

Une autre alternative : les États unis socialistes d’Europe

Loin d’unifier les peuples d’Europe, l’Union européenne divise les travailleurs par la mise en concurrence de tous contre tous. C’est une certitude, si nous le laissons faire, le patronat nous mènera de nouveau à des crises majeures, et, c’est une terrifiante probabilité, de nouveau à la guerre.

Subissant collectivement la violence du marché commun européen, c’est dans l’unité que les prolétaires de tous les pays d’Europe doivent la combattre. Cette lutte collective, cette mobilisation unitaire de la classe ouvrière européenne, peut seule en finir avec l’UE capitaliste et abroger ses traités, tout en ouvrant la voie à une autre Europe, dirigée par les travailleurs eux-mêmes et à leur propre service.

Pour nous, seule la perspective des États-unis socialistes d’Europe s’oppose à la fois à l’UE, et ses traités anti-ouvriers, et au repli national, tout autant anti-ouvrier : deux formes politiques aux allures différentes, mais au service d’une même bourgeoisie et de son économie capitaliste.

Néanmoins, proclamer que nous voulons les États unis socialistes d’Europe ne suffit pas. La lutte de classe, l’émancipation des travailleurs, est nationale dans sa forme et internationale dans son contenu, c’est pourquoi il faut œuvrer à la constitution de partis ouvriers pour la prise du pouvoir dans chaque pays et d’un État-major de la lutte pour le socialisme à l’échelle du continent.

C’est le seul programme qui pour nous, LSI, est à l’ordre du jour. Nous appelons toute organisation, tout groupe, tout militant qui se retrouve dans ce projet pour le socialisme à discuter et à travailler avec nous.

Travailleurs de tous les pays d’Europe :

Boycottons cette mascarade électorale !

Mobilisation unie pour une Europe des travailleurs, par et pour les travailleurs !

Pour les États unis socialistes d’Europe !